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[verso-hebdo]
19-05-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Pour l’amour de Berthe
Les expositions de niveau international sont nombreuses en ce moment à Paris : Rembrandt et Le Lorrain au Louvre, Odilon Redon et Anish Kapoor au Grand Palais, Caillebotte au musée Jacquemart-André… Mais la plus remarquable, qui fait légitimement courir les foules, c’est évidemment Manet au musée d’Orsay. L’exposition Manet, présentée sous la direction de Stéphane Guégan, renouvelle les connaissances acquises sur le fondateur incontesté de la modernité (l’exposition est d’ailleurs sous-titrée « inventeur du moderne »), rend hommage à Françoise Cachin récemment disparue qui avait été la responsable de la grande exposition du centenaire dans les Galeries Nationales du Grand Palais et au Metropolitan de New York, et comble certaines lacunes de cette dernière. Je ne m’arrête ici que sur un seul exemple, mais essentiel : la relation entre Manet et Berthe Morisot. En 1983, le parti-pris chronologique avait largement escamoté cette question, et les tableaux l’illustrant étaient en nombre limité.

Or voici qu’apparaît notamment, venu du musée des Beaux-Arts de Lille où il était resté il y a vingt-huit ans, l’admirable Portrait de Berthe Morisot à l’éventail de 1874. Françoise Cachin n’avait retenu que l’aquarelle préparatoire de l’Art Institute of Chicago, rapidement commentée : « à la différence des autres portraits pris de face, celui-ci la montre de trois-quarts, soulignant d’un trait léger la finesse de ce visage énergique. Comme dans tous les portraits de Berthe, Manet souligne l’élégance des longues mains. » C’est parfaitement juste, mais c’est le tableau de Lille qui permettrait d’en dire beaucoup plus. Or la commentatrice du catalogue de 2011 qualifie ce chef-d’œuvre de « composition de circonstance » et se contente de noter « l’expression distante, la coiffure stricte, la tenue sobre, le décor de la pièce (qui) disent le caractère convenu de cette composition que Manet offrit au couple en cadeau de mariage » (Berthe allait en effet épouser Eugène, frère cadet d’Edouard).

La commentatrice a livré son jugement, quelque peu péremptoire et beaucoup trop réducteur à mes yeux, mais qu’il faut respecter puisque l’art est affaire de goût. Puis-je tout de même dire que, quant à moi qui fréquente Manet depuis si longtemps, j’admire avec lui la finesse du beau visage énergique de Berthe. J’apprécie la manière dont il accentue le noir du ruban autour du cou, peut-être en souvenir du ruban porté par Victorine - l’exacte antithèse de Berthe - dans l’Olympia, je ressens fortement à la fois l’admiration du peintre pour son modèle et la visible complicité qui le lie à elle : c’est ici, pour moi, que Manet déploie les meilleures ressources de son génie. Je ne suis pas le seul : Pierre Daix a bien observé dans sa biographie de Manet (Fayard, 1983) que, « au-delà de tout ce qui les rapproche intellectuellement et sentimentalement, il y a évidemment ce fait qu’elle lui apparaît comme un modèle rêvé. À lui qui a en quelque sorte prélevé Victorine pour sa peinture, voici que son milieu lui apporte un modèle parfait, une beauté singulière, hors des normes, et une jeune fille qui le captive et le bouleverse. »
Courez au musée d’Orsay, arrêtez-vous devant le Portrait de B.M. à l’éventail, et dites-moi si vous êtes vous-même captivé, peut-être aussi, comme moi, bouleversé, ou bien si cette merveille absolue vous apparaît comme une « composition de circonstance ».
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
19-05-2011
 
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Verso n°126

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Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
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