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[verso-hebdo]
01-12-2022
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Cyprien Gaillard à Paris
Bien que français, Cyprien Gaillard vit à Berlin depuis 2009. Parvenu à la notoriété internationale en 2011 dans des conditions qu'il faut préciser, il n'a pratiquement pas exposé dans son pays natal jusqu'à ce que le Palais de Tokyo et Lafayette Anticipations lui proposent (ensemble et sans se concerter) d'exposer chez eux. Il en résulte un événement en deux parties, Humpty/Dumpty (jusqu'au 8 janvier). L'artiste s'intéresse à la ville (Paris, mais pas seulement) et veut révéler comment elle constitue un terrain privilégié d'expression du désordre, et comment l'humain lutte contre ses traces et ses effets. Au Palais de Tokyo, premier chapitre de l'exposition, le visiteur est accueilli par plusieurs grands sacs dans lesquels l'artiste a récupéré des tonnes de ces fameux cadenas d'amour que les touristes accrochaient sur les parapets de la passerelle des Arts jusqu'à ce qu'ils menacent de s'écrouler. Ils sont là, dérisoires et rouillés, témoignant de la vanité des promesses d'amour éternel. On entre dans trois grandes salles principalement occupées par de vastes écrans. Des vidéos dialoguent avec des oeuvres d'art. Par exemple, dans la première, le film montre un énorme ensemble immobilier conçu par Ricardo Bofill. Des immeubles enjambent une étendue d'eau. Ils font penser à de gigantesques arcades et, en effet, un tableau de Giorgio De Chirico, célèbre pour ses arcades, est là en contrepoint. Deux gamins en maillot de bain veulent plonger dans le bassin, mais il n'y a aucune profondeur. Ils se blessent donc, et sortent de là en sang...

L'espace central de Lafayette Anticipations est occupé par l'énorme sculpture animée de Jacques Monestier Le Défenseur du Temps (1979). Cyprien Gaillard l'a récupérée (elle était oubliée à l'entrée du quartier de l'Horloge, à côté du Centre Pompidou) et l'a fait restaurer, en commençant par enlever les centaines de kilos de fientes de pigeons accumulées depuis plus de quarante ans. Ici, il est peut-être bon de s'arrêter et de raconter comment la gloire est venue pour Cyprien Gaillard. C'était au moment de l'ouverture de la 54e édition de la Biennale de Venise en 2011. Sa commissaire générale, Bice Curiger, avait déclaré qu'elle entendait « révéler un art qui apporte une connaissance intuitive, une pensée éclairante sur le monde. » Là-dessus, catastrophe pour la pauvre madame Curiger !, c'est François Pinault qui, dans son magnifique espace de la Pointe de la Douane, créait l'évènement en inaugurant le 3 juin (jour de l'ouverture de la Biennale) une présentation d'une oeuvre de Cyprien Gaillard qualifié par son mécène d'artiste le plus doué de sa génération.

Il s'agissait d'une vidéo intitulée Pruitt-Igoe Falls. On voyait la démolition à l'explosif d'un immeuble de la banlieue de Glasgow en 2008, allusion à un projet utopique de logements urbains à Saint-Louis (USA) dans les annés 50, Pruitt-Igoe, devenu un ghetto propice au banditisme, finalement détruit par implosion en 1972. Cyprien Gaillard se proposait donc apparemment de témoigner de l'impuissance de l'architecture moderniste à résoudre les problèmes sociaux, hier comme aujourd'hui. Sa vidéo établissait en outre un lien entre la barre d'habitation, anéantie de nuit et éclairée par des projecteurs, et les chutes du Niagara, elles aussi en nocturne et brillamment illuminées, réduites à n'être plus qu'une attraction touristique. Du point de vue visuel, il y avait analogie entre le nuage de poussière créé par la chute d'immeuble et le nuage de vapeur permanent né de la chute d'eau. Echec partout, tout de même. Ce n'est pas l'urbanisme de Ricardo Bofill qui a amélioré les choses. Cyprien Gaillard se penche sur la Ville sans illusions. Notons qu'à la suite de Pinault, la Fondation Vuitton ne manquerait pas d'acquérir elle aussi un exemplaire d'une vidéo du jeune génie, Desniansky Raion sur le thème d'une bagarre de hooligans et d'une démolition d'immeuble en Ile de France. Le milliardaire américain Steve Cohen en a acheté un autre exemplaire pour le donner au MOMA de New York. La bande-son était signée du musicien électro Koudlam. Aux dernières nouvelles Cyprien Gaillard envisage de revenir à Paris, ce mégachantier préparant dans la fièvre les jeux olympiques, particulièrement favorable à son inspiration...

www.palaisdetokyo.com
www.lafayetteanticipations.com
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
01-12-2022
 
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Verso n°130

L'artiste du mois :
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du 6 au 28 Octobre 2012
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Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
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