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[verso-hebdo]
31-03-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Fadia Haddad, une créatrice au sens fort du terme.
L’exposition de Fadia Haddad à la galerie Area aura été trop courte : une dizaine de jours en mars n’ont pas permis de dépasser le cercle des amateurs, tout de même assez nombreux, qui aiment et suivent le travail de cette peintre d’origine libanaise depuis son arrivée à Paris, au milieu des années 80. Heureusement, le directeur de l’espace, Alin Avila, est avant tout un éditeur particulièrement créatif, ce qui nous vaut un très beau livre-catalogue de 112 pages dont le titre est Traversée, avec un texte de Harry Bellet, dont je recommande la lecture (Area et Descartes & Cie, 20 euros).
Voici en effet un premier bilan de l’œuvre féconde d’une artiste née en 1959, qui produit avec une incroyable énergie depuis vingt-cinq ans et tient aujourd’hui toutes les promesses que je pressentais à ses débuts, promesses consignées dans un texte que j’avais intitulé « Atteindre la beauté sans la rechercher » (Opus International, novembre 1988). J’avais en effet été frappé par l’impérieuse nécessité interne de sa peinture, qui communiquait le sentiment d’une beauté renouvelée, mais découverte plutôt que préalablement conçue. Je citais Paul Claudel affirmant qu’il « n’est pas sûr que le meilleur chemin pour atteindre la beauté soit de la rechercher », d’où le titre.

Ce titre me paraît plus valable que jamais aujourd’hui, à propos des Masques, série en cours qui constituait l’essentiel de l’exposition et qui est largement reproduite dans le livre. Non pas des représentations de masques : Fadia Haddad est à peine figurative. Mais l’exploitation de l’idée du masque comme thème pictural d’une grande richesse. Beaucoup semblent avoir les yeux tragiquement fermés, comme ceux des têtes découvertes dans la région de Sepik River, en Nouvelle-Guinée. Les yeux-coquillages ne présentent que des fentes auxquelles répondent les motifs peints sur tout le visage. Pas de regard, et pourtant une singulière force expressive. André Breton possédait un masque de cette sorte, qui alerta Picasso et ne fut pas pour rien dans l’élaboration des Demoiselles d’Avignon. Chez Fadia, pas de regards non plus : des traits, uniques (Pastel gras et acrylique sur papier, 38,5 x 30 cm, 2008) ou répétés à trois reprises (Pigments et colle acrylique sur papier, 69 x 62 cm, 2010) qui suffisent à créer un univers personnel et envoûtant.

Il y a vingt-trois ans, j’avais rapproché la démarche de Fadia Haddad de celles de Robert Motherwell et de Cy Twombly. L’artiste ne récuse pas aujourd’hui ces références, mais préfère - s’il faut absolument comparer, ce qui n’est pas nécessaire pour aborder son œuvre - que l’on songe à Jean-Michel Basquiat, et elle a raison. Nous ne sommes pas loin, chez elle, des mythogrammes du jeune génie américain, rébus de sensations plastiques indéchiffrables, équivalents graphiques de la technique littéraire du cut-up dont l’origine se trouve dans les livres de Burroughs, celui-là même qui, dans le Festin nu, avait défini le créateur comme une machine robotique capable de maîtriser sa propre chimie. C’est bien ce qui me fascine chez Fadia Haddad, qui peint et dessine quinze heures par jour, accumulant notamment d’innombrables travaux sur papier allongée sur son lit, avant d’affronter les grands formats peints dans l’atelier. Elle n’aime pas la « chimie » depuis l’âge du lycée, mais c’est bien de cela qu’il s’agit vraiment chez-elle : une machine à créer capable de maîtriser sa propre chimie. Une créatrice au sens fort du terme, en somme.
Son site : www.fadia-haddad.com
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
31-03-2011
 
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