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[verso-hebdo]
03-06-2010
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Le bestiaire à nul autre pareil
de Quentin Garel
Il est rare qu’une monographie consacrée à un artiste contemporain produise un tel choc : celle que les éditions Area consacrent aujourd’hui à Quentin Garel a la qualité d’un révélateur. Je croyais connaître l’œuvre de ce jeune artiste (il est né en 1975), notamment auteur de l’ « Allée des têtes cracheuses » dans le Jardin des Géants à Lille en 2009 (une fontaine baroque faite d’une paroi végétale d’où sortent vingt-huit sculptures de têtes d’animaux – éléphants, autruches, hippopotames etc. – crachant de l’eau dans des vasques), mais je m’aperçois grâce à ce livre que je n’avais pas pris la mesure de ce créateur d’exception.
Fils de Philippe Garel, formidable peintre (voir Verso n° 48), Quentin s’est dirigé vers la sculpture, et comme Philippe n’a jamais abordé le monde animal, ce sont les portraits de bêtes, qu’il appelle des trophées, que Quentin sculpte, le plus souvent dans le bois, avec une autorité et une originalité déconcertantes.

Or ces trophées décrivent des « caractères », au sens de La Bruyère : leur auteur entend dénoncer l’ego humain « à la manière d’un Jean de La Fontaine », et trouve les moyens techniques de donner une véritable profondeur aux regards de ses modèles. Ces derniers peuvent être aussi des crânes, ou même simplement des mandibules énormes en fonte de fer, plantées dans le sol du Parc du Chemin de l’Île à Nanterre (2005), qui affleurent à la surface du sol comme des vestiges d’un passé émergeant.

Le livre a encore le mérite de faire découvrir les dessins de Quentin Garel, qui ne sont normalement pas faits pour être exposés. Il a souvent besoin d’exécuter des études à l’échelle 1/1 pour anticiper ses assemblages en bois. « Au bout du compte, explique-t-il, le papier est saturé, ne restent plus que des « fantômes » des dessins préliminaires… Leur effet est saisissant mais ils ne sont pas prévus pour être montrés. » Invité à les sortir tout de même de l’atelier, il les a appelés Palimpsestes, « parce que ce mot évoque mon cheminement fait d’effacements et de recouvrements, d’hésitations et de choix… » Ces palimpsestes, fort bien mis en pages (par Alin Avila), sont tout simplement fascinants. Quentin Garel dessine aussi bien que Lodovico Cigoli ou Lorenzo Lotto, mais son travail n’a rien de passéiste. Sa verve est fort contemporaine au contraire : les fusains sur papier préparatoires au Trophée de veau (porcelaine émaillée, 2006), par exemple, sont sublimes de virtuosité et de drôlerie à la fois. Rien de pesant chez lui, mais l’inimitable légèreté de l’artiste complètement maître de ses moyens, qui s’amuse à observer l’humanité à travers un bestiaire à nul autre pareil.

Quentin Garel, Trophée. Editions Area/Descartes & cie, 35 euros
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
03-06-2010
 
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Verso n°126

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