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[verso-hebdo]
21-01-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Le problème du marché de l’art
Devant les hauts et les bas imprévisibles du marché de l’art, le Financial Times a solennellement titré qu’ « il n’y a plus de valeur refuge ». La sentence, pieusement recueillie par Michel Houellebecq dans son immortel ouvrage sur l’art contemporain intitulé La carte et le territoire, paraît sans appel. Le marché de l’art serait donc désormais réservé à des spéculateurs capables d’influencer le marché par des manœuvres obscures, à des flibustiers sans scrupules ou tout simplement à des milliardaires naïfs prêts à investir beaucoup aujourd’hui dans des œuvres qui ne vaudront plus rien demain. Si vous croyez tout cela, vous n’y êtes pas du tout : vous n’avez pas compris quel est le véritable problème du marché de l’art.

C’est du moins ce que nous devrions retenir des propos ébouriffants (c’est un mot à la mode) de Pierre Naquin, fondateur d’A&F Markets, qui déclare que « le principal problème du marché de l’art réside dans son manque de liquidité ». Ce jeune financier ( il est né en 1984 à Monaco) est en train de lancer Art Exchange, « la première place de marché centralisée à vocation financière pour des œuvres d’art », il nous indique qu’il est diplômé en informatique à Paris et à Londres, qu’il donne accessoirement des cours de « danse de salon » et qu’il va au cinéma quatre fois par semaine. Il veut que désormais tout le monde puisse, grâce à sa plateforme, « investir sur un nouveau type d’actif, à la fois performant, sûr, décorrélé et défiscalisé ». Vous êtes bluffé, n’est-il pas vrai ? Mais vous voudriez sans doute savoir comment va s’y prendre le jeune génie pour (re)faire de l’art une merveilleuse et maintenant populaire valeur refuge.

C’est très simple : on n’achètera plus des tableaux ou sculptures entiers, mais des parts d’œuvres gérées par A&F Markets. La première œuvre à la vente sera une pièce de Francesco Vezzoli (celui-là même qui propulsa naguère Bernard-Henri Lévy et Sharon Stone dans la course à la Maison Blanche), « trace unique de sa performance au Guggenheim en 2007 ». Elle sera introduite à une valeur initiale de 135.000 euros, divisée en 13.500 parts de 10 euros. Quoi de mieux pour résoudre la question de la « liquidité » ? C’est la galerie Yvon Lambert qui vend l’œuvre et c’est vous qui, demain, si vous avez souscrit pour, disons dix parts soit 100 euros, recevrez cent fois plus puisque, comme on doit le supposer, la « trace » de Francesco Vezzoli sera revendue un jour pour votre compte (partiel) environ 13.500.000 euros. Formidable, non ? « À travers Art Exchange nous espérons créer des vocations de collectionneurs » déclare M. Olivier Bélot, qui dirige la galerie Lambert. Quand j’imagine ces nouveaux collectionneurs accrochant à leurs murs les titres représentatifs de leur dix, voire cinquante parts de la trace unique de Vezzoli, j’en pleure d’émotion. En ouvrant le marché de l’art au peuple, nul doute que Pierre Naquin entre bientôt dans le club fermé des bienfaiteurs de l’humanité.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
21-01-2011
P.S. Le numéro 59 de Verso vient de paraître sur visuelimage.com : ne manquez surtout pas le dossier consacré à un artiste hors du commun, Bruno Macé.
 
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