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[verso-hebdo]
28-04-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Rembrandt
et la mémoire chrétienne
André Malraux aurait certainement été fasciné par l’exposition Rembrandt et la figure du Christ que le musée du Louvre a ouverte le 21 avril (elle durera jusqu’au 18 juillet). Il y aurait en effet trouvé des éléments de réflexion à partir de sa question célèbre posée dans l’Irréel : « Le plus poignant génie chrétien depuis le Moyen Age, celui qui a créé pour les siècles le gibet des Trois Croix, les figures de pitié de la Pièce aux cent florins et des Pèlerins d’Emmaüs, celui dont l’art semble parfois traversé du cri terrible de la Vierge lorsque se déploie sur le ciel la Croix qui monte, a peint à onze reprises au moins des Saintes Faces, et pas une n’est restée dans la mémoire chrétienne. » Ces Saintes Faces , venues du monde entier, sont l’enjeu de l’exposition, et elles s’ordonnent autour des Pèlerins d’Emmaüs, tableau qui, lui, est resté dans la mémoire chrétienne, et qui nous apparaît aujourd’hui dans sa splendeur originelle après une restauration réussie. L’exposition commence avec Le repas à Emmaüs du musée Jacquemart-André, œuvre de jeunesse datée 1629, dans laquelle le visage du Christ n’est pas visible : une chandelle cachée fait seulement apparaître la silhouette sombre, renversée en arrière, de Jésus que les disciples sont en train de reconnaître.

Dès 1631, Rembrandt s’intéresse à la possibilité de représenter un Jésus « vraiment juif, méditerranéen, oriental » (Blaise Ducos) avec la tête du Christ du Mas-d’Agenais : « dans le petit sanctuaire du Lot-et-Garonne, ce visage tordu de douleur fait ressentir au spectateur une empathie sans pareille : travail anatomique sur le vif et conception repensée de l’expression convergent dans une recréation des temps bibliques... » Sur le vif, insiste le commissaire qui a été frappé, comme Seymour Slive, par une mention dans l’inventaire des biens de Rembrandt en 1656, de tableaux représentant le Christ « nae’t leven », c’est-à-dire d’après nature. Les commissaires établissent qu’en prenant pour modèle un jeune juif séfarade vivant à Amsterdam, innovation en rupture complète avec la tradition, Rembrandt rivalise avec les maîtres anciens, et sans doute les surpasse. Il introduit en effet dans la figure christique « un élément de véracité, de vraisemblance historique qui fait basculer l’image dans une dimension qu’aucun Christ de Dürer, Schongauer, Lucas de Leyde ou encore Titien n’atteignit » (ibid.)

La démonstration du coup d’éclat pictural de Rembrandt est magnifiquement mise en scène par Richard Peduzzi. Chaque œuvre, en particulier, est parfaitement éclairée, ce qui fait que l’on redécouvre notamment le Triptyque Braque de Rogier Van der Weyden, transféré depuis la salle grisâtre où il est cantonné d’habitude. Notons entre parenthèses qu’il s’y trouve en compagnie de la Vierge au Chancelier Rolin, chef d’œuvre absolu de Jan Van Eyck mal visible faute de lumière adéquate : que ne propose-t-on à Peduzzi de revisiter l’ensemble des salles du plus grand musée du monde ! Mais revenons à l’exposition : elle est passionnante, elle fait comprendre comment la passion de l’Orient de Rembrandt l’a conduit à une solution audacieuse pour représenter le Christ. Fasciné, Malraux n’en aurait sans doute pas pour autant tiré de réponse définitive à la question : pourquoi la bouleversante Tête du Christ de 1648-50 du Staatliche Museen zu Berlin n’est-elle pas entrée dans la mémoire chrétienne ?
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
28-04-2011
P.S. Vous pouvez découvrir le numéro 60 de Verso, dont le dossier est consacré à Véronique Bigo, à l’occasion de sa rétrospective à la Villa Tamaris de La Seyne-sur-Mer : un événement dont nous tenons à signaler l’importance et la qualité.
 
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