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[verso-hebdo]
30-09-2021
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Robert Kushner et son jardin sauvage
La galerie Nathalie Obadia présente jusqu'au 23 octobre une exposition de Robert Kushner sous le titre Jardin sauvage qui fait suite, avec la même inspiration plastique, à l'exposition new-yorkaise I Matisse (Je Matisse ou encore j'aime Matisse) de mai-juin 2021. On sait que cet artiste américain né en 1949 en Californie fut un des principaux représentants du mouvement Pattern & Décoration théorisé par son amie la critique Amy Goldin dans les années 70. Etudiant à partir de 1969 au département des arts visuels de l'Université de Californie, il s'était détourné des tendances minimalistes et conceptuelles qui régnaient alors en méprisant tout ce qui était décoratif. Il s'intéressa au contraire à Matisse, le maître qui avait enseigné dès le début du XXe siècle que « la composition est l'art d'arranger de manière décorative les divers éléments dont le peintre dispose pour exprimer ses sentiments ». Pattern & Decoration n'est plus d'actualité, mais Kushner est toujours là, en pleine forme, et plus que jamais disciple de Matisse.

C'est ce dont témoigne en particulier la principale toile de l'exposition parisienne : Emblem of Winter 2020 (huile, acrylique et feuille d'or sur toile, 160 x 320 cm). Il est intéressant de la comparer à l' Intérieur aux aubergines (1911) donné par Matisse au musée de Grenoble (détrempe à la colle sur toile, 212 x 246 cm). Dans un important article de 1974, Dominique Fourcade a écrit que « L'Intérieur est l'oeuvre peut-être la plus radicalement décorative que Matisse ait jamais peinte. » Il est couvert de motifs et de couleurs, comme un patchwork, chaque élément représenté ayant une portée esthétique : c'est aussi une caractéristique du tableau de Kushner. Dans l'oeuvre de Matisse, rien n'est laissé au hasard, l'ornementation florale envahit tout l'espace, annulant la profondeur et la perspective : c'est la même chose dans Emblem of Winter. Dans l'Intérieur, les horizontales et les verticales créent des contrastes qui redirigent sans cesse le regard, il n'y a pas de point focal unique, et c'est exactement ce à quoi parvient Robert Kushner qui par ailleurs, comme Matisse, a beaucoup voyagé et intégré à ses oeuvres l'écriture arabe, les icônes byzantines ou les tapis persans.

Matisse en 1911 et Robert Kushner en 2020 créent des dialogues de surfaces où le volume n'existe plus. Aucune rupture dans la circulation des motifs et des couleurs qui unifient l'extérieur et l'intérieur. Plus d'un siècle sépare les deux artistes qui, tous deux, parviennent à la tension constitutive entre décorativité et représentation. L'Intérieur aux Aubergines peut être considéré comme un portail prophétique où s'est engagée en peinture la fin du culte des images. Aujourd'hui Robert Kushner poursuit le travail, il n'adopte pas le point de vue de son compatriote Clement Greenberg dont l'idéologie du progrès voulait que les images se débarrassent du sujet. Au contraire, en maintenant, comme Matisse des éléments de figuration, il se situe, comme son maître, à la croisée des chemins de l'art. Dominique Fourcade disait que Matisse « débrutalise la violence de la rupture avec la mimesis ». Robert Kushner continue dans son heureuse recherche de la présence décorative immédiate qui n'exclut pas les allusions aux diverses traditions de la représentation. Remi Labrusse parle de « l'expérience abyssale du peintre face à l'énigme du désir d'image ». Nous partageons cette expérience avec Robert Kushner aujourd'hui.

www.nathalieobadia.com
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
30-09-2021
 
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Verso n°126

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Jean-Pierre Cornet

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du 6 au 28 Octobre 2012
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Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


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