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[verso-hebdo]
25-04-2024
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Monet, l'art plus grand, Anne Sefrioui, Hazan, 124 p., 39, 95 euro.

Claude Monet (1840-1926) a été l'un des principaux protagonistes du courant impressionniste, qui ont métamorphosé profondément la peinture en France. Bien sûr, cette révolution n'est pas issue du néant : elle a été préparée par les oeuvres de Delacroix, de Géricault et surtout de Manet qui, en quelque sorte, en a été l'inventeur en organisant les réunions hebdomadaires du petit café Gerbois, un modeste établissement de retraités et de petits rentiers. Camille Pissarro, Edgar Degas, Henri Fantin-Latour, parfois Paul Cézanne, quand il est de passage à Paris, Alfred Sisley, et puis des écrivains et des critiques d'art, tel Emile Zola. C'est en cet endroit que s'est forger l'idée de l'art impressionniste.
Claude Monet a passé une partie de son enfance au Havre. C'est dans ce grand port qu'il fait la connaissance d'Eugène Boudin, avec lequel il se lie d'amitié et dont la peinture l'intrigue beaucoup. Celui-ci lui donne un certain nombre de conseils. Mais il doit rentrer à Paris en 1859 avec sa famille en 1859. Il a commencé par dessiner des portraits-charges. Il expose pour la première fois au Salon en 1868 et y est favorablement remarqué avec La Femme à la robe verte qui représente Camille Doncieux, sa future épouse. A cause de la guerre, puis de la Commune, il part pour Londres, où il fait la connaissance du marchand de tableaux Paul Durand-Ruel, puis il se rend aux Pays-Bas. Il retourne en France en 1871. Trois ans plus tard, il prend part à l'exposition des artistes indépendants, qui a marqué le début de l'impressionnisme.
Cette exposition de rebelles, qui  est organisée par la Société anonyme des artistes, peintres, sculpteurs et graveurs, qui est présentée dans l'atelier du grand photographe Nadar. Ils voulaient tous échapper à l'obligation de trouver une place au Salon, dont ils peuvent être refusés ou, sinon, critiqué ou encore ignorés. Il traverse une période difficile et sa femme meurt en 1879, alors que le couple ne peut survivre que grâce à la bonté de quelques amis, dont Manet. Il va s'installer en Normandie et c'est la période où il peint Etretat.
En 1883, il est sorti de ses graves ennuis financiers, s'installe à Giverny avec ses deux enfants et sa carrière est une succession de succès. Tout cela le conduit à la réalisation des Nymphéas à l'Orangerie des Tuileries, avec le soutient de Georges Clemenceau. Mais il meurt quelques mois avant l'inauguration officielle de ce chef-d'oeuvre.
Bon nombre des impressionnistes sont morts sans connaître le succès, comme Alfred Sisley, ou ont eu une existence difficile, comme Camille Pissaro. Seul Auguste Renoir, qui a vécu assez vieux comme lui a connu la gloire et l'argent Sa production picturale est considérable et laisse la trace d'un homme hanté par son art et son développement.
Ce livre n'est pas l'un de ces ouvrages de vulgarisation, mais une initiation aussi complète que possible à la recherche plastique de ce peintre hors du commun. Chacun des chapitres correspond à l'un des grands thèmes de son oeuvre : la nature, la mer, l'intimité, la Seine, et bien d'autres encore. Le tout est abondamment illustré et brièvement commenté. C'est vraiment un guide pour découvrir l'immensité de sa quête artistique. Il est donc très utile et assez bien fait. Tous ceux qui éprouvent le désir de mieux connaître Monet auraient toutes bonnes raisons pour le posséder dans sa bibliothèque.




Jamais le mot « créateur », Simon Hantaï / Jean-Luc Nancy, Galilée / Archives Simon Hanraï, 224 p., 29 euro.

Simon Hantaï est né à Blia, en Hongrie, en 1922. Il appartenait à une famille notable, catholique et de langue allemande. Ce n'est qu'à l'école primaire qu'il a appris le hongrois. C'est le fils d'un ingénieur. Ce dernier voulait orienter son fils dans ce genre de profession, mais ce dernier, contre toute attente, s'est inscrit à l'école des Beaux-arts de Budapest. C'est là qu'il a connu son épouse En 1944, il fait une déclaration anti allemande et il est arrêté par les forces fascistes collaborationnistes avec les nazis, les Croix adopté une posture figurative, pas mal influencé par Matisse. En 1948, on lui promet une bourse pour aller à Paris -, bourse qui ne lui a jamais été attribuée. Il part néanmoins avec sa femme et vivote avec difficulté.
Il a voyagé à travers l'Europe, et surtout en Italie, où il découvre la grande peinture de la Renaissance. De retour à Paris, Hantaï apprend qu'il n'a pas les moyens promis d'y rester et il devrait rentrer en Hongrie. Mais il décide de rester en France. Et d'y vivre chichement. Il devient un amoureux du musée de l'Homme, plus que de celui du Louvre. Il fréquente les galeries où il voit les surréalistes aussi Jean Dubuffet. Il en arrive à intéresser la galerie René Drouin. Il est aussi entré en relation avec André Breton,-ainsi a commencé une conception bien à lui du surréalisme. Ces relations excellentes lui permettent de présenter sa première exposition personnelle en 1953. Mais il n'est pas en harmonie avec le reste du groupe. Il écrit un texte qui est une sorte de pamphlet contre leur orientation. Il s'en éloigne peu à peu. Il participe à l'exposition collective organisée-par le critique Charles Estienne, Alice in Wonderland.
En 1955, il change d'orientation et il se lance dans une peinture de caractère gestuel. Il recouvre la surface de la toile de couleurs très vives, qu'il recouvre de jaune, de-brun, même de noir. Puis il racle le tout et il obtient une composition semblant ne pas avoir ni haut ni bas. Il prend part à une exposition performance avec Jean Degottex, Georges Viseux et Judith Reigl.
Deux-ans-plus tard, il est parmi ceux qui accompagnent Georges Mathieu dans ses Cérémonies commémoratives de la deuxième condamnation de Siger de Brabant. Par la suite, après une exposition personnelle, il remet tout en cause et commence la suite des Ecritures roses : chaque matin, il utilise une page du missel pour réaliser des oeuvres d'un genre très différent. Puis il opte encore pour une autre mise en abysse : il crée la suite de Galia Placida.
Par la suite, il n'abandonne pas l'abstraction, mais tente d'autres modalités avec le Manteau de la Vierge (Mariale) à la fin des années cinquante. C'est alors qu'il a introduit la technique du pliage, entre autres. En 1967, il expose à la galerie Jean Fournier, un marchand qui l'a préféré à tous ses autres artistes. Il a imaginé une autre grande série, les Meuns. Il est à ce point reconnu par le milieu de l'art et est désormais considéré comme étant l'un des plus grands peintres français vivants. Cette fois, il ne change plus de méthode, mais la fait évoluer. Il s'impose de bouger au sein de son système et imagine de faire de nouvelles suites, comme les Blancs, puis les Aquarelles. Les Tabulas apparaissent entre 1972 et 1978. Ses premiers pliages sont présentés à l'occasion de l'exposition de groupe organisée par Jean Fournier en 1969, intitulée « Pour Pierre Reverdy » et ils vont être sa « marque de fabrique ».
Sans jamais être répétitif, il cherche à faire bouger les choses au sein de cette modalité invariable. Il a eu une rétrospective au Musée d'Art moderne de la ville de Paris. Il se retire du monde et s'installe près de Paris. On le reconnaît alors à l'étranger et on le célèbre. Il s'éteint en 2008.
Entre l'n 2000 et l'an 2008, il a eu un important échange épistolaire avec le philosophe Jean-Luc Nancy. C'est l'époque où les philosophes paraissent prendre la place aux critiques d'art et métamorphosent complètement la relation avec les productions des peintres et des sculpteurs. Hantaï s'est prêté au jeu et apprécie beaucoup pouvoir exposer son point de vue sur ce qu'il a déjà accompli et sur la manière de voir une oeuvre d'art. Ce gros volume tient lieu d'une sorte d'autobiographie de son parcours marqués par bien des changements, des hauts et des bas (la période qui a suivi sa phase surréaliste n'est pas une réussite complète). Il faut admettre que c'est vraiment passionnant.




L'Art, c'est la vérité absolu, Brancusi, édition établie par Doina Lemny, L'Atelier contemporain, « Studiolo », 256 p., 9, 50 euro.

Constantin Brâncusi est né en 1876 0 Hobija, en Roumanie, encore sous le joug ottoman. C'est un fils de paysans. Il entre à l'école nationale des Beaux-arts de Bucarest. Puis il décide d'aller à Paris. Faute de moyens, il s'y rend à pied. Il est admis à l'école des Beaux-arts à partir de 1905. Il installe son atelier impasse Ronsin où il va demeurer jusqu'en 1957.
Il suit les cours d'Antoine Mercié et fréquente l'atelier de Rodin jusqu'en 1907.C'est alors qu'il aréalisé la première version du Baiser. Le reste de l'histoire, on peut la suivre dans son atelier (déplacé devant le Centre Pompidou - une bâtisse d'une laideur incomparable, mais qui contient des trésors !)- et en parcourant la très belle exposition du,dit Centre. Le recueil de ses textes tombe à point nommé. Brancusi, n'a pas, comme certains de ses pairs, une autobiographie ou des textes théoriques. Il s'agit ici de notes et de commentaires qu'il a pu faire au long de son existence. Il a laissé des souvenirs, par bribes, toutes sortes de notes sur ce qui l'a touché ou impressionné pour l'édification de son oeuvre. C'est plein d'esprit et aussi plein de renseignements précieux sur sa manière de voir les choses. Il y a dans ces pages des poèmes.
Bien qu'extrêmement rigoureux dans son travail, il n'a pas un esprit de système. Il a enfin mis sur le papier ce qu'il pensait des grands sculpteurs du passé, à commencer par Michelangelo de Buonaroti. C'est une mine qui nous donne l'occasion formidable de découvrir son regard et sa pensée. Si ses sculptures vous touchent vous aurez le plus grand plaisir à découvrir l'homme et sa culture.
J'oubliais, il y a, en fin de volume un certain nombre d'essais écrits à son sujet : Roger Vitrac, Paul Morand, Irène Codréano, Dorothy Dodley, Carola Giedion-Welcker, Marcel Milhalovici, Béatrice Wood. C'est là document de grande valeur.  




Là, il y aura oracle, pour André Masson, Bernard Noël, « Studiolo », L'Atelier contemporain, 256 p., euro.

Bernard Noël a laissé une trace indéniable dans la poésie française contemporaine. Mais il faut se sou venir qu'il a été un éditeur (je l'ai connu chez Flammarion quand il dirigeait la collection « Textes ») et il a aussi des essais dont l'un sur la Commune de Paris et aussi des essais sur l'art moderne. Cet ouvrage dédié à l'oeuvre d'André Masson a été un peu oublié (il avait paru aux éditions Lignes en 2003). C'est fort regrettable car c'est un livre excellant qui porte un regard orignal sur ce qu'a été Masson. Il s'agit en fait de textes écrits depuis 1985 et qui ont fini par constituer un gros dossier pouvant constituer un ensemble cohérent.
Le premier de ces écrits s'était focalisé sur la question de la sexualité chez cet artiste un peu hors norme en son temps. Il s'intéresse tout particulièrement aux Massacres et aux illustrations du Con d'Irène de Louis Aragon. Il y est aussi question du Miroir de la tauromachie. D'année en année, le poète a approfondi sa vision de ces peintures et de ces dessins, qui supposent un mode de réflexion qui n'appartient qu'à lui. Bernard Noël est parvenu à pénétrer au coeur de l'aventure intérieure de cet artiste puissant qui est allé c hercher les tréfonds du désir humain et qui en a soutiré des formes sou vent vertigineuses et, en tout cas, d'une grande puissance évocatrice, souvent érotique. C'est une attention constante et qui prend des apparences différentes car le temps fait son ouvrage : la vision qu'en a notre poète a évolué par la force des choses. C'est un ensemble de pièces d'analyse hautement recommandable.




Hiver 1812, retraite de Russie, Michel Bernard, « la petite vermillon », La Table Ronde, 304 p., 8, 90 euro.

Avant de parler de ce liv re, je dois souligner qu'on n'a pas su juger la littérature de Michel Bernard (1931-2019) à sa juste valeur. Il a été un romancier de qualité, et a su écrire sur l'art avec intelligence (par exemple sur Claude Monet) et aussi sur l'histoire ('avec ses Bourgeois de Calais). Il a y bien eu quelques prix, mais rien d'extraordinaire. Il a été édité, certes, mais on ne lui a pas donné assez de reconnaissance de son vivant. Cela doit être souligné. Et cet Hiver 1812 est tout à fait extraordinaire. L'auteur a su relater cette tragique épopée de la Grande Armée, qui a remporté une série de victoire avant d'arriver à Moscou et là, est pris à un piège que personne n'aurait jamais pu imaginer : les Russes ont incendié leur ville. Pour les Français et leurs alliés, il n'y avait plus alors qu'une seule issue - se replier. Et cela se déroule en plein hiver. Michel Bernard fait oeuvre d'historien, tout en racontant les étapes de cette désastreuse expédition avec un grand talent sans pour autant trahir leur réalité. C'est vraiment remarquable.
Gérard-Georges Lemaire
25-04-2024
 
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