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[verso-hebdo]
09-11-2023
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Paris des peintres et des écrivains, Sophie Chauveau, Editions Hazan, 240 p., 35 euro.

Paris est l'une des capitales la plus visitée en Europe. A l'inverse de Prague, son passé médiéval a été complètement aboli par les travaux titanesques du baron Haussmann. La cour des miracles dépeinte par Victor Hugo a été effacée complètement au centre de Paris. A part quelques monuments comme Notre-Dame ou la Sainte Chapelle, le passé de Paris s'est réduit à quelques rares maisons à colombage ! Le principe de l'ouvrage est très simple : à chaque reproduction d'un tableau va correspondre un extrait d'une prose ou d'un poème écrit par un auteur français : de Guy de Maupassant à Gustave Flaubert et à Emile Zola, de Charles Baudelaire à Théodore de Banville, et, aux grands auteurs du XIXe siècle, s'ajoutent quelques rares hommes de lettre du siècle dernier, comme Louis-Ferdinand Céline.
Le Paris d'avant le Second Empire, nous n'avons que quelques visions comme celle de Fouquet. Bien entendu, cette anthologie aurait pu prendre des proportions gigantesques, tant la matière est riche ! Nous découvrons ainsi le Paris tel que l'a vu Auguste Renoir, Claude Monet, Vincent van Gogh, Félix Vallotton, Jules Béraud, Gustave Caillebotte, Berthe Morisot, Edouard Manet, Edgar Degas, Frédéric Bazille, Henri de Toulouse-Lautrec, Henri Le Sidaner, je ne saurais tous les citer ! Mais les différents aspects de la ville sont traités avec un excellent choix de l'auteur.
C'est vraiment un ouvrage destiné à tous ceux qui aiment Paris ou qui y apprendront à l'aimer au fil des oeuvres et des textes. C'est très réussi et donne l'envie de revoir ces monuments et ces lieux sous le regard de ces illustres peintres ou dans l'esprit de ces romanciers ou de ces poètes qui ont su en restituer. C'est une plaisante invitation à revisiter Paris en songeant à ce passé plein de charmes et à travers les mots de ceux qui ont su l'aimer. Et c'est aussi une invitation à une promenade sentimentale dans ce passé qui nous resté si proche. Pour un Parisien, c'est comme un album de souvenirs dont presque tous encore présents. Bien sûr, on a du mal à imaginer que Chaillot n'était encore qu'un bois où habitaient le grand acteur Talma et où se retrouvaient les membres du groupe artistique des Barbus ! Mais nous devons nous rappeler que c'est l'empereur Napoléon qui a tracé la longue rue de Rivoli avec ses arcades qui rappellent l'Italie de ses premières conquêtes...




Regards, textes de Yann Arthus-Bertrand, Sebastiào Salgado, Annie Leibovitz & Daniel Rondeau, Editions Hazan, 208 p., 45 euro.

Ce luxueux album commémore les quinze années du prix de Photographie attribué par Marc Ladret de Lacharrière et l'Académie des Beaux-arts. Quatorze lauréats y sont présentés. Chacun d'entre eux est représenté par un portfolio de grand format qui permet de prendre la mesure de sa manière de travailler, de son style, de ses centres d'intérêt. En 2007, c'est Malik Nejmi qui a été le lauréat. Marocain d'origine, devenu français, il s'est surtout intéressé à l'Afrique noire. Il a voulu traduite les sentiments que lui a inspiré Il n'a recherché aucun effet esthétique, préférant saisir ses sujets dans cette région du monde à travers des portraits ou des scènes de groupe dans des régions particulièrement défavorisées. Cela ne l'a pas empêché de faire des compositions singulières et frappantes, le plus souvent en photographiant des enfants.
Il ne recherche pas non plus le pathos, mais ne veut jamais trahir la vérité d'une prise de vue. Le travail du Belge Jean-François Spricigo se situe presque à l'opposé en 2008 : il s'est attaché à des animaux et à des arbres, leur attribuant quelque chose d'étrange ou d'irréel. Quant à Thibaut Cuisset, né à Maubeuge et mort à Paris, il a eu l'ambition de traiter des paysages qu'il a su rendre spectaculaire et d'une grande beauté alors qu'a priori, ils n'ont rien de très extraordinaire. Sans transformer les lieux qu'il a explorés, il a su leur donner un surcroît de beauté ou d'intérêt.
Un dernier exemple avec Catherine Henriette, qui a été choisie en 2013, qui a été trouver dans des zones enneigées ou sur des places des visions presque surréels. Grâce à cet album, on peut prendre la mesure de différents courants qui traversent la pratique de la photographie est un parfait moyen pour comprendre comment ces créateurs ont su associer un regard d »'artiste avec des thèmes liés à la société. C'est donc ici un ouvrage très précieux pour qui est attiré pour l'art photographique contemporain.




L'Art à bras-le-corps, David Sylvester, sous la direction d'Olivier Weil, L'Atelier contemporain, 676 p., 30 euro.

En France, David Sylvester (1924-2001) n'est connu que pour ses entretiens avec Francis Bacon, parus en 1995. On premier travail imprimé a été le catalogue raisonné de René Magritte en 1992. D'autres ouvrages ont suivi. Nous ignorons presque tout de son travail de critique d'art. A une époque comme la nôtre où la critique ne semble plus avoir le poindre crédit (la puissance du marché a fini par l'emporter), ce recueil montre que David Sylvester a été l'un des derniers grands critiques d'art européens. Les écrivains se prêtent de moins en moins au jeu d'une relation privilégiée avec l'oeuvre d'artiste de son temps. Sylvester, à ses débuts, s'est penché sur le cas de grands artistes de la première moitié du XXe siècle, comme Cézanne, Soutine, Pierre Bonnard, Piet Mondrian.
Puis il a examiné de près les périodes de Pablo Picasso, de Georges Braque, de Henri Matisse,Francis Bacon,et de Marcel Duchamp. Puis il a écrit sur Wilhelm de Kooning, Jackson Pollock, Francis Bacon est entré dans un univers intellectuel et sensible depuis 1954 et est demeuré omniprésent. Il en est de même avec René Magritte, sur lequel il a consacré un essai en 1961.
Par la suite, il s'est intéressé aux artistes du Pop Art américain (d'Andy Warhol à Claes Oldenburg) et aux représentants du minimalisme, tel Donald Judd. Il a aussi su apprécier un peu tardivement Cy Twombly. On remarquera qu'il s'est attaché à parler des peintres auxquels il s'était intéressé depuis un certain temps. S'il n'a pas été le chantre d'un groupe ou d'un courant, il faut constater qu'il a beaucoup observé l'art américain de l'après-guerre. Bien sûr, il ne pouvait pas être en mesure toute la création en Europe et en Amérique !
Ce livre a beaucoup d'importance pour ce qu'il a pu décrire de l'art du XXe siècle, mais aussi comme exemple du travail que devrait effectuer un critique. Il faut saluer Olivier Weil pour cette édition qui est appréciable pour mieux connaître cet homme d'une grande précision et aussi pour prendre une leçon de connaissance et d'écriture.




Le Trésor de Notre-Dame, des origines à Viollet-le-Duc, musée du Louvre / Editions Hazan, 236 p., 39 euro.

L'incendie de la toiture de Notre-Dame-de Paris, a suscité une vive émotion. Par chance, les dégâts ont été moins grave, mais ont tout de même nécessité des réfections longues et difficile.
L'année prochaine, en théorie, elle devrait rouvrir ses battants. Pendant cette longue période de restauration a fait que les nombreux objets précieux qu'elle renferme ont été déposés au musée du Louvre. Ce dernier, depuis le début du mois d'octobre, a présenté une exposition dont on a du mal à imaginer l'ampleur. Depuis sa création, elle a accumulé une multitude d'objets religieux, des grimoires, même la couronne d'épines de la Sainte Chapelle, mais aussi tout ce que Viollet-le-Duc a pu faire (d'ailleurs, la flèche qu'il avait fait élever est refaite exactement comme il l'avait dessinée, en hommage à l'incroyable travail de sauvetage du bâtiment dont Victor Hugo avait été l'inspirateur avec son célèbre roman). Au fond, pour le Parisien que je suis, cette exposition et ce catalogue, révèlent maintes choses que j'ignorais et qui sont des bijoux, tant pour l'art que pour l'histoire.C'est en 1163, à l'époque de Louis VII, que l'évêque Maurice de Sully imagine non seulement la création d'une cathédrale au centre de Paris, mais en trace l'aspect général.
Il faut noter à ce stade que Saint Denis aurait été le fondateur de l'évêché au IIIe siècle, mais il n'y a eu aucun évêque avant le milieu du Ve siècle. Elle aurait été construite sur un ancien temple païen, mais ce n'est sans doute qu'une légende. On sait qu'il y avait une église à Paris à la fin du IVe siècle. Les travaux à entreprendre sont énormes. A l'origine, il s'agissait surtout des sommes servant à la construction de l'édifice. Cet inventaire est tenu jusqu'en 1792. Il était tenu par la fabrique du chapitre. Tout ce qui a précédé avant Notre-Dame est bien difficile à confirmé car les archives de l'Eglise ont brûlé sous Charlemagne. Si le premier dessin représentant la façade de la cathédrale a été réalisé en 1699, des oeuvres écrites témoignent de sa construction assez tôt. Dans son Histoire des Francs, écrite entre 576 et 594 par Grégoire de Tours, Il a été conservé par la suite dans le trésor, tout comme un jugement de Charlemagne, le précepte de Louis le Pieux. La somptueuse châsse en argent de saint Marcel (datant du XIIIe siècle) se trouve aussi dans ce Trésor. Il aurait été un des premiers évêques de Paris. Sa renommée tenait au fait qu'il aurait vaincu un dragon !
Mais cette légende est toujours représentée au XVIIe siècle. A cette époque avait encore lieu une procession de cette énorme et superbe châsse, qui démontre l'attachement des habitants de Paris pour l'un des fondateurs de son Eglise. Le trésor n'a cessé de s'accroître et on y trouve le testament d'Erminethrudis (IVe siècle), des bréviaires précieux, des croix ramenés de Jérusalem, des lettres, des sacrémentaires et cela a continué au XIXe siècle et même de nos jours. Il a existé dès le début des travaux et a d'abord été placé dans un bâtiment annexe, communicant avec le choeur. Le grand trésor gothique a été victime et de la guerre de Cent ans et des guerres de religion.
Il ne reste plus grand-chose de toutes ces choses de grande valeur. Et puis au VIe siècle, on a pris l'habitude de doter richement des chapelles. Mais sont demeurés de très beaux incunables, magnifiquement historiés et bien sûr la crosse de la cathédrale. Ainsi que l'anneau qui aurait appartenu à saint Marcel. Avec la Renaissance et jusqu'à la fin l'Ancien Régime, le trésor s'enrichit sans cesse avec des sculptures, des monnaies, des tapisseries, des reliures, des reliquaires, même des tableaux. Les différents rois ont songé à y faire des dons, dont la grande tenture de la vie de la Vierge. Il y avait aussi des drapeaux célébrants de grands faits d'arme. Au milieu du XVIIIe siècle on a demandé à Jacques-Germain Soufflot de concevoir une nouvelle sacristie. La Révolution a provoqué l'effondrement de cette généreuse dévotion qui s'est traduite par l'accumulation de pièces de valeur. Une grande partie a été dispersée.
L'avènement de l'Empire et le couronnement de l'empereur Napoléon et de Joséphine de Beauharnais en 1804 en présence du pape a redonné un certain lustre à la vieille cathédrale. La Restauration a permis de reconstituer ce trésor et aussi-classique, Cela-lui a apporté de nouvelles merveilles à conserver. Cette exposition et le catalogue très fouillé qui l'accompagne sont une révélation. On ignorait l'essentiel du contenu du trésor qui avait retrouvé son faste dans la première partie du XIXe siècle. Mais c'est Victor Hugo avec son roman paru en 1831 et bien sûr les restaurations et les ajouts de Viollet-le-Duc qui ont rendu à l'église qui se dresse sur l'île de la Cité son ancienne beauté et aussi l'admiration qui n'a plus manqué jusqu'à nos jours.
Gérard-Georges Lemaire
09-11-2023
 
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Verso n°136

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