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[verso-hebdo]
19-01-2017
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
De la complicité des peintres et des poètes
Les éditions Gallimard ont la bonne idée de comprimer au format de poche et de mettre en boîte cinq réalisations éditoriales anciennes ayant associé des poètes et des artistes : Michel Leiris à André Masson et Joan Miro, Pierre Reverdy à Picasso, Paul Eluard à Man Ray, René Char à Georges Braque et Jean Arp, René Char encore à Zao Wou-Ki. Arrêtons-nous à ce dernier précieux petit volume (Effilage du sac de jute), notamment parce qu'il bénéficie d'une préface particulière signée Dominique de Villepin qui consacra naguère une importante monographie au grand peintre franco-chinois. Le point de départ se situe en juin 1980 : 18 poèmes de René Char, 10 aquarelles de Zao Wou-Ki. Il a fallu du temps pour y parvenir, comme en témoigne la correspondance entre les deux auteurs depuis les années 60. Le peintre, le premier, ayant demandé un texte au poète pour le catalogue d'une exposition. Ce dernier savait l'importance du préfacier, lui dont Albert Camus en personne avait présenté les poésies en 1959 par une phrase définitive : « Je tiens René Char pour notre plus grand poète vivant... » Cela n'avait pas échappé à Zao Wou-Ki qui, lui-même, avait déjà sollicité les plumes prestigieuses d'Henri Michaux, Yves Bonnefoy ou Roger Caillois.

L'homme de l'Isle-sur-la-Sorgue ayant accepté, le peintre lui fit aussitôt cadeau d'un tableau dont il fut remercié avec chaleur le 13 mai 1966 (« Je rêverai longuement et longtemps devant cette part la meilleure de la Création, devant l'admirable privilège... »). Char va rêver devant son tableau, certes, il va même demander des ektachromes, mais ses poèmes ne seront naturellement en rien des illustrations ou des commentaires. Observons qu'il lui arrivera d'accompagner ses poèmes de dessins de lui, par exemple dans La nuit talismanique, on lira « Oiseaux qui confiez votre gracilité, votre sommeil périlleux à un ramas de roseaux... » à côté d'un dessin intitulé Oiseaux à Rambouillet où l'on sera bien en peine de découvrir le moindre volatile. Comme Zao Wou-Ki, de son côté, est absolument abstrait, la cause est entendue, souligne Dominique de Villepin : « Il ne sert à rien de chercher un lien de sens où des images répondraient à des poèmes... C'est une correspondance, non entre le Poète et le Peintre, mais entre la Poésie et la Peinture. »

Car il apparaît clairement que le poète et le peintre préparant leur catalogue ne sont guère entrés en « correspondance » : l'éloignement géographique y est pour quelque chose, mais pas seulement. A vrai dire, Zao Wou-Ki, homme d'une courtoisie raffinée, savait tenir des propos généraux en société, mais ne parlait pas de sa propre peinture. Il aimait écouter en souriant une discussion à propos de son oeuvre entre gens de plumes et artistes plasticiens, mais il n'intervenait pas, j'en ai été témoin. Avec René Char, note Villepin, il s'est agi d'une « amitié admirative » qui convenait parfaitement à l'un comme à l'autre. « Croyez cher ami à mon amitié admirative » écrit le poète le 5 mai 1980. Ce qui n'excluait pas de légères et savoureuses frictions. Puisque l'on préparait un catalogue, Zao Wou-Ki avait adressé pour information à René Char l'un des précédents volumes de la galerie, consacré à Manessier. La réponse ne s'était pas fait attendre : « Le catalogue de Manessier présente des textes selon une lisibilité tout à fait maniériste et médiocre. Les lignes d'écriture ont le hoquet ! Lire est impossible sans une irritation grandissante... » Tout finira par s'arranger, mais aux conditions du poète, naturellement. A partir de là, que le lecteur laissé à lui-même savoure la rencontre célébrée avec lyrisme par Dominique de Villepin : « René Char comme Zao Wou-Ki sont des esclaves de la matière. Tous deux sont des affranchis qui s'en sont libérés pour parvenir à la lumière... »
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
19-01-2017
 
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Verso n°102

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"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com