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[verso-hebdo]
18-05-2017
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Arroyo « dans le respect des traditions »
Eduardo Arroyo a eu 80 ans le 26 février : la fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence célèbrera cet anniversaire avec une grande exposition, du 1er juillet au 19 novembre 2017, sous le titre Dans le respect des traditions qui semble pour le moins paradoxal dans le cas du célèbre iconoclaste, plus proche du dadaïste Francis Picabia que des maîtres du passé. Mais le communiqué de la Fondation dirigée par Olivier Kaeppelin nous rassure : ce titre indique un parti pris « entre l'absurde et l'ironie ». Il n'empêche : l'ancien révolutionnaire recherché par la police de Franco n'en pratique pas moins une peinture à la fois pleine de sens et riche en trouvailles iconographiques, c'est-à-dire le contraire des propositions placées aujourd'hui sous l'étiquette générale d' « art contemporain ». Relisons ses déclarations au journal Le Monde le 4 juin 2010 : il évoquait sa jeunesse à Montparnasse se mettait en colère : « il y avait un respect qu'on n'imagine pas aujourd'hui, avec ces conneries qui sont venues ensuite, cet art émergent qui ne danse qu'un été, avec la complicité d'une bande de types qui ont perdu la cervelle, galeries, curateurs, bureaucrates. Le monde artistique actuel est répugnant, un Barnum insupportablement idiot... »

Actuellement représenté à Paris par la galerie Laurent Strouk, Arroyo a longtemps exposé à la galerie Louis Carré, en particulier en juin 2010 sous le titre Collection printemps-été automne-hiver. C'était ironique bien sûr, on y trouvait les portraits de ses amis peintres : Monory, Voss, Télémaque, Erro et Rougemont. Or tous les cinq étaient encadrés par deux sardines. C'était une allusion transparente (pour les connaisseurs) à l'un de ses tableaux des années 80 : Carmen Amaya fait des sardines au Waldorf Astoria, éloge de la célèbre chanteuse qui avait utilisé le sommier de sa suite pour faire griller des sardines vers trois heures du matin. Eloge, donc, de l'anticonformisme auquel Arroyo est toujours fidèle, mais dans le strict cadre de la peinture qu'il révère et dont il regrette l'abandon par les vedettes actuelles du marché. Il faut lire son livre, Minutes d'un testament (Grasset) dont les thèses peuvent être ainsi résumées : 1°) Il faut parler de la peinture. « Quand Vélasquez donne l'impression d'avoir pris un pot de peinture rouge, un carmin ou quelque chose comme ça, et vlan ! le balance sur le corps de son matador, c'est comme un dripping à la Pollock. » 2°) Duchamp fut certes un génie, mais un génie néfaste, à l'origine du chaos dans lequel se trouve aujourd'hui le monde de l'art. «  Il ne reste rien de ce à quoi je croyais ».

Eduardo Arroyo est pour le moins désenchanté, et l'exposition annoncée par la Fondation Maeght risque fort de détonner par rapport à ce que célèbrent les institutions attentives à suivre les phénomènes de mode. Ecoutons ses confidences faites tout récemment à Lara Tournemire (Artension n° 141) : « Je vais vous confier quelque chose que peu de personnes savent. Je participe à la grande exposition de l'été prochain à la Fondation Maeght. Le premier tableau que j'y exposerai date de 1964. Et le deuxième, j'espère pouvoir le finir d'ici là, je travaille actuellement dessus. Ce sera une grande exposition, avec Gérard Garouste, et d'autres artistes. J'ai hâte, car c'est un endroit que j'aime énormément. Une salle, cent cinquante pièces... Peut-être que ce sera intéressant... » Peut-être en effet, et même certainement. L'un des évènements les plus intéressants de l'été qui vient, avec aussi des sculptures et des assemblages comme la série de têtes hybrides de Dante-Cyrano de Bergerac ou de Tolstoï-Bécassine aux titres prometteurs, n'est-ce pas ?

www.fondation-maeght.com
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
18-05-2017
 
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Verso n°104

L'artiste du mois : Marie-Cécile Defline

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