logo visuelimage.com
 
 
 
Les [Verso-hebdo] antérieurs
Retour 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Suite

21-04-2022

14-04-2022

07-04-2022

31-03-2022

24-03-2022

17-03-2022

10-03-2022

03-03-2022

24-02-2022

17-02-2022

 
[verso-hebdo]
14-04-2022
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Art-Paris : quand New York présente
la Figuration narrative à Paris
J'ai souvent regretté la manière dont les musées et galeries français ont sournoisement ostracisé la Figuration narrative depuis des décennies. Aussi ais-je salué avec enthousiasme l'initiative de la Richard Taittinger Gallery de New York qui a présenté, de mars à mai 2021 « Narrative figuration 60s - 70s ». La voici qui vient de récidiver, dans le cadre de Art-Paris, en faisant dialoguer des oeuvres de Jacques Monory, Bernard Rancillac et Gérard Fromanger avec des artistes américains de diverses générations. Quelle leçon pour nos frileux galeristes nationaux ! J'ai considéré comme une démonstration symbolique le voisinage d'un portrait de Mao par Andy Warhol avec James Brown morceau n°2 (huile sur toile de 1974), portrait du célèbre musicien par Rancillac. On sait que Rancillac fut un peintre essentiellement politique. Eh bien sa grande série sur le jazz des années 70 voulait dire quelque chose de précis : le pop art américain, « art blanc qui fait les délices de la société de consommation, s'est désintéressé du jazz » a observé le critique Jean-Louis Ferrier, en précisant qu'il a fallu à Rancillac de la rigueur et du déchaînement, de l'ascèse en même temps que de l'amour fou, à l'opposé de tout sentimentalisme et de toute vulgarité car, s'il est volontiers fracassant, le jazz n'est jamais vulgaire. La Figuration narrative de Rancillac était aux antipodes d'une certaine vulgarité du pop américain.

De Jacques Monory la galerie Taittinger avait notamment accroché le très beau diptyque Jamais plus les fleurs (techniques mixtes sur bois) de la célèbre série bleue de 1969 Velvet Jungle. Ce tableau, comme souvent chez Monory, est mystérieux. Ces fleurs seraient-elles symboliques ? Pour l'artiste, le symbolique est un acte d'échange qui met fin au réel et, de ce fait supprime l'opposition entre le réel et l'imaginaire. Ici, on voit comment Monory dénonçait la pseudo objectivité de la nature. Cette objectivité vient en fait de la séparation arbitraire de l'homme par rapport à elle. D'où l'inimitable ambiguïté de tout tableau de Monory. Celui-là a été vendu 190.000 euros dès le jour du vernissage.

Avant de disparaître en 2021, Gérard Fromanger était devenu un des artistes importants de la Taittinger Gallery, qui avait entrepris avec lui une série d'estampes à partir de ses séries historiques (les Pétrifiés, Boulevard des Italiens...) par jet d'encre sur papier photographique, dont plusieurs étaient à Art-Paris. On sait que Fromanger avait été l'auteur, en 1965, de l'un des tableaux emblématiques de la Figuration narrative (Le Prince de Hombourg, aujourd'hui au Musée national d'art et d'histoire du Grand Duché de Luxembourg). Ce tableau appartenait à la série des Pétrifiés dont La conquête de l'impossible (1964, présent à l'exposition de New York) offrait un autre remarquable exemple : les joueurs apparaissent figés dans leur effort intense pour attraper un insaisissable ballon, métaphore possible du drame de la condition humaine. Fromanger a développé toute sa vie un oeuvre procédant par séries dont certaines ont suscité des textes importants, par exemple Boulevard des Italiens a inspiré Michel Foucault en 1975. Le point commun de ces séries est une certaine fureur chromatique qui s'offre en tant que contradiction passionnée de la grisaille et de la médiocrité du monde. Exemple à Art-Paris : Au printemps ou la vie à l'endroit (1972-2021). La peinture de Fromanger n'est pas là pour lancer des messages particuliers, mais pour contredire globalement ce qui, dans l'Histoire, n'est pas acceptable. Cette contradiction est sans provocation. « Par nature, je ne peux ni vivre ni peindre contre, contre la peinture, les peintres ou le monde. Je cherche à peindre pour mieux aimer, mieux comprendre, mieux vivre, pour être à la hauteur des mystères tragiques et beaux qui nous font entre notre naissance et notre mort. » La Richard Taittinger Gallery contribue largement à rendre toujours actuel le travail de Gérard Fromanger et des acteurs de la Figuration narrative. Par bonheur, elle se propose de continuer à l'avenir.

www.richardtaittinger.com
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
14-04-2022
 
logo visuelimage.com

Verso n°129

L'artiste du mois :
Erwan de Beauchaine

visuelimage.com c'est aussi

Afin de pouvoir annoncer vos expositions en cours et à venir dans notre agenda culturel, envoyez nous, votre programme, et tout autre document contenant des informations sur votre actualité à : info@visuelimage.com
ou par la poste :
visuelimage.com 18, quai du Louvre 75001 Paris France

À bientôt.
La rédaction

Si vous désirez vous désinscrire de cette liste de diffusion, renvoyez simplement ce mail en précisant dans l'objet "désinscription".

     


Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com